Pandémie à virus grippal A(H1N1), tout ce que vous devez savoir pour une prise en charge efficace…

Actualité des kinés.

Pour qu’ils puissent jouer pleinement leur rôle d’éducateurs à la santé, les masseurs-kinésithérapeutes vont devoir diffuser largement, auprès de leurs patients, les messages concernant la protection contre le virus à travers la vaccination notamment et la prévention de la maladie grâce à d’élémentaires précautions d’hygiène.
Pour vous épauler dans cette mission, le Conseil national de l’Ordre répond, avec l’aide des services sanitaires de l’État à toutes les questions que vous pourriez vous poser.

Pourquoi la vaccination est-elle recommandée pour les masseurs-kinésithérapeutes?
Les masseurs-kinésithérapeutes sont particulièrement exposés au virus de la grippe pandémique du fait de leurs contacts quotidiens et rapproché avec les patients. Le but de la vaccination des kinésithérapeutes est donc :
– d’éviter, avant tout, qu’un patient atteint d’une maladie grave ne soit contaminé par le personnel soignant. Il n’y aurait pas de situation plus dramatique ;
– d’éviter qu’un grand nombre de kinésithérapeutes soient atteints par la grippe, ce qui pourrait provoquer un effondrement du système de santé avec des conséquences importantes pour les patients, aussi bien ceux hospitalisés que ceux traités en ambulatoire.

Les masseurs-kinésithérapeutes devront-ils se vacciner aussi contre la grippe saisonnière?
Oui, comme cela est souhaitable tous les ans, plus encore cette année. Il faut que tout le personnel de santé soit opérationnel afin de vacciner la population et afin de prendre en charge les patients.
Le vaccin contre le virus pandémique ne protège pas contre la grippe saisonnière et réciproquement.

Pourquoi le gouvernement a-t-il fait le choix de vacciner le plus grand nombre?
La grippe A(H1N1) ne semble pas avoir une sévérité plus importante que celle de la grippe saisonnière. Cependant, ce virus est beaucoup plus contagieux que celui de la grippe saisonnière et le nombre de décès, en l’absence d’intervention risque d’être très élevé car un grand nombre de personnes seront touchés.
De plus, les conséquences de cette atteinte massive de la population aura de très graves sur la vie économique et sociale du pays.

Pourquoi utiliser un adjuvant?
L’avantage des adjuvants modernes tels que ceux utilisés dans les vaccins contre la pandémie grippale est qu’ils suscitent une réaction immunitaire plus puissante et qu’ils permettent d’utiliser une quantité plus faible d’antigènes vaccinaux. Avec la même quantité d’antigène, ils permettent donc de vacciner plus de personnes, ce qui est actuellement un point crucial.

Ces adjuvants ont-ils déjà été utilisés?
Oui, ce type d’adjuvant est actuellement utilisé dans des vaccins, notamment le Gripguard®, vaccin antigrippal et le Cervarix®, vaccin anti HPV.

Ces adjuvants ont-ils des effets indésirables particuliers?
Le Gripguard® est le vaccin avec adjuvant le plus utilisé. Près de 40 millions de personnes ont reçu ce vaccin depuis 2001 sans qu’aucun effet indésirable notable n’ait été rapporté. Le Cervarix® a été utilisé chez plus de 10 millions de femmes, notamment en Grande Bretagne, et aucun signal n’est apparu en pharmacovigilance, alors même que ce vaccin fait l’objet d’une surveillance particulière par les autorités européennes dans le cadre d’un plan de gestion de risques.

Est-il possible d’utiliser ces vaccins avec adjuvant chez tout le monde?
Les experts en immunologie considèrent qu’il y aurait un risque théorique à utiliser ce vaccin chez des personnes dont le système immunitaire est modifié (femmes enceintes, patients atteints de maladies auto-immunes, certains immunodéprimés) ou immature (jeunes enfants) du fait de la forte réponse immunitaire que permettent ces adjuvants.
Cependant, si l’on ne dispose que de vaccin avec adjuvant, la balance bénéfice/risque devra être soigneusement évaluée, notamment chez les femmes enceintes car si le risque des adjuvants est théorique, le bénéfice de la vaccination lui est certain.

Quelles sont les populations à risque de complications?
Ce que l’on a pu observer jusqu’à présent, c’est que plus de 70% des décès sont survenus dans la tranche d’âge 25-64 ans.
Les personnes à risque de formes graves sont les femmes enceintes et les personnes jeunes ayant des maladies graves sous-jacentes, notamment les maladies respiratoires ou cardiaques.
Cependant, 40 à 50% des formes graves ont atteints des personnes sans facteur de risque particulier.

Qu’en est-il de la vaccination des personnes qui ne pourront se déplacer dans un centre de vaccination?
Les personnes âgées ne sont pas prioritaires pour être vaccinées contre le virus H1N1 car l’expérience des pays déjà atteints montre qu’elles ne sont pas particulièrement à risque de complication. Il semble que les personnes âgées aient rencontré un virus proche du H1N1 et qu’elles ont donc une certaine protection vis-à-vis du virus pandémique.
Par contre, elles restent prioritaires pour la vaccination contre la grippe saisonnière qui ne doit pas être oubliée. La campagne de vaccination de la grippe saisonnière commence le 20 septembre.
Concernant les autres personnes fragiles isolées qui ne pourront pas se déplacer dans les centres de vaccinations, il est prévu de les vacciner via des équipes mobiles. Elles seront dotées de vaccins monodoses que les laboratoires ne peuvent fournir qu’en nombre très limité.

La vaccination ne va-t-elle pas intervenir après l’apparition de la pandémie?
Personne ne peut prévoir quand surviendra la pandémie en France. Tout est fait pour que la vaccination puisse être mise à disposition le plus rapidement possible tout en préservant la qualité de l’évaluation de l’efficacité et de la tolérance du vaccin.
L’ensemble du territoire ne sera pas touché simultanément et l’on peut espérer que la vaccination pourra protéger le maximum de régions.
De plus, l’expérience de 1918 nous montre que la pandémie peut évoluer en plusieurs vagues. Si une première vague survient avant que la vaccination ne soit possible, les médicaments antiviraux permettront la prise en charge des cas graves et la vaccination servira à la protection face à une éventuelle deuxième vague.

Où les kinésithérapeutes pourront-ils se faire vacciner?
Les professionnels des établissements de santé se feront vacciner au sein de leurs établissements.
Concernant les kinésithérapeutes libéraux, les préfets sont en train d’organiser les centres de vaccination dans chaque région et département. Ce dispositif montera en charge en fonction du calendrier de livraison des vaccins.

Où trouver l’information sur les centres de vaccination et les lieux où on peut trouver les masques « en local »?
Ce sont les DDASS qui peuvent renseigner les professionnels sur ces 2 points, et le site internet du ministère de la santé.