Vaccination contre la grippe et épidémie de Covid-19 : tous concernés !

En France, la grippe saisonnière entraîne chaque année un nombre important de passages aux urgences et d’hospitalisations, et provoque de nombreux décès ; au cours des trois dernières saisons, entre 8 000 et 14 500 personnes par an ont succombé des suites de cette infection virale, principalement des personnes à risque de complications et notamment les personnes de 65 ans et plus*.

Malgré les campagnes de vaccination annuelles, la couverture vaccinale dans ces populations reste très insuffisante, bien en-deçà de l’objectif de 75 % fixé par l’Organisation mondiale de la santé. Pour la saison 2019-2020, seules 45 % d’entre elles s’étaient fait vacciner, dont à peine plus de la moitié des plus de 65 ans (52 %), et moins d’un tiers des moins de 65 ans souffrant d’une affection longue durée (31 %).

Il est également à noter que moins d’un tiers des soignants se font vacciner chaque année contre la grippe.

Dans le contexte de pandémie de Covid-19 que nous traversons cette année, la vaccination contre la grippe, tout particulièrement pour les professionnels de santé et les personnes fragiles, est plus que jamais recommandée.

L’objectif est pluriel :

  • Éviter que ne s’entrechoquent les épidémies de Covid-19 et de grippe saisonnière. La vaccination permet de limiter la propagation du virus de la grippe afin de désengorger les cabinets médicaux, les services d’urgences et d’hospitalisations déjà saturées par les patients atteints de Covid-19.
  • Faciliter le dépistage du Covid-19 dont les symptômes sont très proches de ceux de la grippe saisonnière : moins de cas de grippe, c’est moins de personnes symptomatiques à tester et à prendre en charge. Pour dire les choses autrement : si un patient présente des symptômes qui sont communs aux deux pathologies, mais que son carnet de santé indique qu’il s’est fait vacciner contre la grippe, les doutes et hésitations entre la Covid et la grippe seraient considérablement réduits.
  • Éviter un nouveau pic de mortalité chez les populations fragiles et notamment dans les maisons de retraite.
  • Préserver la santé physique et psychologique des professionnels de santé, souvent en première ligne, et limiter leur absentéisme dans une période où on a, plus que jamais, besoin d’eux et où ils sont déjà épuisés.

 

L’importance de la vaccination antigrippale pour les professionnels de santé

La vaccination contre la grippe professionnels de santé a prouvé son efficacité en matière de protection individuelle et collective. Elle permet en outre de limiter les risques de propagation au sein des structures. Pour améliorer la couverture vaccinale du personnel, une adhésion et une implication de tous, dont l’encadrement et la direction, sont indispensables.

Professionnels de santé : comment se faire vacciner contre la grippe ?

Les personnels soignants ont un risque majoré de contracter la grippe. La vaccination présente pour eux un intérêt individuel, mais également collectif en permettant une protection indirecte de leurs patients.

Si la maladie est habituellement sans gravité chez les personnes jeunes et en bonne santé, elle présente un risque élevé de complications chez des personnes présentant des maladies chroniques et chez les personnes âgées qui représentent une majorité des soignés.

  • Les professionnels de santé libéraux (médecins généralistes, gynécologues, pédiatres, infirmier(e)s, sages-femmes, masseurs-kinésithérapeutes, pharmaciens titulaires d’officine et chirurgiens-dentistes) reçoivent par courrier une invitation à se faire vacciner accompagnée d’un bon de prise en charge à 100% du vaccin par l’Assurance Maladie qu’ils présentent en pharmacie.
  • Pour les professionnels de santé salariés, notamment chez les professionnels des établissements médico-sociaux en contact avec des personnes à risque de grippe sévère, l’organisation de leur vaccination est de la responsabilité de leur employeur.

 

L’importance de la vaccination antigrippale dans la population

Comme chaque année, la vaccination contre la grippe est particulièrement recommandée chez les personnes à risque de grippe sévère ou compliquée telles que les plus de 65 ans, les femmes enceintes, les malades chroniques, les personnes obèses, … Le virus est, en effet, plus dangereux pour elles car il peut entraîner des complications graves.

La vaccination des personnes en contact régulier avec des personnes présentant un risque de grippe sévère (personnes âgées, nourrissons, malades…) est vivement conseillée. L’entourage familial des nourrissons de moins de 6 mois particulièrement fragiles est également invité à se faire vacciner.

Mais cette année, dans le contexte de pandémie de Covid-19, les autorités en appellent à la bonne volonté de chacun pour se faire vacciner : c’est là un acte altruiste.

Ainsi, même si l’on n’est pas considéré à titre personnel comme une personne à risque, se faire vacciner contre la grippe pourrait être cette année plus que les autres un geste qui permet de préserver la santé des personnes fragiles en limitant la propagation du virus au sein de la population.

La vaccination contre la grippe en pratique

Qui peut me vacciner contre la grippe ?

Les professionnels de santé habilités à vacciner sont :

  • les médecins,
  • les infirmier(e)s,
  • les sages-femmes (pour les femmes enceintes et l’entourage des nourrissons à risque de grippe grave),
  • les pharmaciens volontaires, pour les personnes majeures.

Le vaccin contre la grippe est-il remboursé ?

Le vaccin contre la grippe est remboursé pour :

  • les personnes de 65 ans et plus ;
  • les personnes atteintes de certaines maladies chroniques dont la liste est donnée dans le calendrier des vaccinations et recommandations vaccinales ;
  • les femmes enceintes ;
  • les personnes souffrant d’obésité (IMC égal ou supérieur à 40kg/m2) ;
  • l’entourage des nourrissons de moins de 6 mois à risque de grippe grave (dans l’objectif de protection des nourrissons qui ne peuvent pas être vaccinés) et des personnes immuno-déprimées.

Si vous êtes concerné par les recommandations de vaccination, votre caisse d’assurance maladie vous envoie une invitation et un bon de prise en charge. Ce bon vous permettra de bénéficier gratuitement du vaccin antigrippal.

`À noter : Seul le vaccin antigrippal est pris en charge à 100 % ; l’injection du vaccin est prise en charge dans les conditions habituelles, sauf pour les patients pris en charge à 100 % au titre d’une des ALD concernées.

Bon à savoir : Si vous êtes salarié et que la vaccination vous est recommandée au titre de votre activité professionnelle, la vaccination est organisée par votre employeur.

5 idées reçues sur le vaccin contre la grippe

Idée reçue n° 1 : La grippe n’est pas une maladie grave. Faux !

La grippe est une maladie contagieuse qui guérit spontanément le plus souvent. Cependant, elle peut entraîner des complications sérieuses et être dangereuse chez certaines personnes fragiles. Elle est responsable d’un nombre important de décès chaque hiver, estimé en moyenne à environ 9 000 pour les seules personnes âgées de 65 ans et plus. Si vous êtes considéré comme une personne ayant un risque de développer des formes compliquées ou graves de grippe, il est recommandé de vous faire vacciner.

Idée reçue n° 2 : Le vaccin contre la grippe saisonnière n’est pas efficace. Faux !

Le vaccin n’assure pas une protection à 100 % et l’efficacité est moindre chez les personnes âgées. La vaccination réduit néanmoins les risques de complications et de formes graves. Les épidémiologistes ont estimé qu’elle permet ainsi d’éviter 2 000 décès chez les personnes âgées de 65 ans et plus et en éviterait davantage si la couverture vaccinale pour les personnes à risque était plus importante.

Idée reçue n° 3 : Le vaccin contre la grippe est dangereux. Faux !

Les effets indésirables des vaccins sont connus et il est bien plus dangereux d’avoir une grippe que de se faire vacciner. La plupart des effets secondaires locaux (douleur, inflammation au point d’injection) ou généraux (fièvre, malaise général) sont transitoires et bénins. Le risque de survenue d’effets secondaires graves liés au vaccin comme le syndrome de Guillain Barré reste très inférieur au risque de complications graves, directement liées à la survenue de la grippe elle-même, dont le syndrome de Guillain Barré.

Idée reçue n° 4 : Les traitements homéopathiques sont aussi efficaces que les vaccins contre la grippe. Faux !

Seuls les vaccins grippaux ont une efficacité démontrée dans la prévention de la grippe. Par conséquent, ils ne peuvent être remplacés par un traitement homéopathique.

Idée reçue n° 5 : J’ai été vacciné l’année dernière donc je n’ai pas besoin de me refaire vacciner cette année. Faux !

La composition du vaccin contre la grippe saisonnière est actualisée tous les ans car d’une année à l’autre, les virus qui circulent peuvent être différents. Le vaccin est dirigé contre les 3 types de virus qui ont le plus circulé durant l’hiver précédent et qui sont donc susceptibles d’être présents lors de l’hiver suivant. Ainsi, même si j’ai été vacciné l’année dernière, je ne serai peut-être pas protégé cette année. Je dois donc, me faire vacciner de nouveau contre la grippe saisonnière cette année, si je veux être protégé au mieux.