Toutes les actualités

Remise du Prix de l’Ordre 2025

  • Partager
  • Imprimer

À l’occasion du séminaire du Conseil national qui s’est déroulé le 31 mars 2026, Pascale MATHIEU, présidente de l’Ordre, et le professeur Nicolas PINSAULT, vice-président, ont remis les prix de l’édition 2025 du Prix de l’Ordre.

Chaque année, cette distinction met à l’honneur les meilleurs travaux de recherche en kinésithérapie, avec l’ambition de promouvoir le raisonnement scientifique et de renforcer l’esprit critique au sein de la profession.

Créé en 2014, le Prix de l’Ordre valorise à la fois les futurs diplômés et les praticiens engagés dans une démarche universitaire, en récompensant les meilleurs mémoires de fin d’études, de Master ainsi que les thèses les plus remarquables.

Cette année, Morgane LE BOURVELLEC a reçu le prix « Expert » pour sa thèse intitulée : « Place de l’activité physique dans la gestion du risque cardio-neurovasculaire chez les femmes pré-, péri- et postménopausées ».

De son côté, Maxime GASPAR s’est vu attribuer le deuxième prix « Master et fin d’études » pour son mémoire : « Critères de retour à la course à pied après une rupture du tendon calcanéen traité chirurgicalement : une étude Delphi ».

Les deux lauréats ont eu l’opportunité de présenter leurs travaux devant les conseillers nationaux, mettant ainsi en lumière la qualité et la diversité de la recherche en kinésithérapie.

Très tôt attirée par les sciences, en particulier la biologie, Morgane LE BOURVELLEC s’est intéressée à la compréhension du corps humain et aux moyens de préserver la santé. C’est en terminale, grâce à un enseignant d’éducation physique et sportive, qu’elle prend pleinement conscience du rôle essentiel de l’activité physique dans la prévention des maladies, notamment cardiovasculaires, et des blessures.

Cette double influence — scientifique et sportive — la conduit naturellement vers la kinésithérapie, une profession alliant technique et connaissances scientifiques. Formée à l’Institut de formation en masso-kinésithérapie de Laval, elle développe rapidement un intérêt marqué pour la recherche, souhaitant contribuer à faire évoluer une pratique longtemps marquée par l’empirisme.

Au cours de sa formation, elle participe à des congrès scientifiques et effectue un stage en laboratoire de recherche. Cette expérience confirme son envie de s’investir dans la recherche en rééducation et réadaptation.

Elle poursuit alors avec un master en recherche consacré aux maladies chroniques et au handicap, complété par une formation en biostatistiques, avant de s’engager dans une thèse en STAPS portant sur la santé cardiovasculaire des femmes. Ce choix s’appuie sur un constat : la santé des femmes ne fait pas encore assez l’objet de recherches, notamment en cardiologie et en sciences du sport.

Ses travaux concernent plus particulièrement à la période de la ménopause, une phase de transition marquée par des bouleversements hormonaux et des symptômes pouvant impacter la santé à long terme. À travers plusieurs études, elle montre que la diminution de l’activité physique chez les femmes à cette période est davantage liée à la sévérité des symptômes qu’aux stades de la ménopause.

Elle met également en évidence l’intérêt du renforcement musculaire, souvent sous-estimé, comme modalité particulièrement efficace pour réduire la pression artérielle, y compris chez les femmes post-ménopausées. Ses recherches soulignent ainsi l’importance de développer des stratégies de prévention adaptées, accessibles et fondées sur des données scientifiques solides.

Le lauréat suivant est un passionné de sport depuis son plus jeune âge. Maxime GASPAR a très tôt orienté son parcours vers un métier en lien avec cette passion. Après l’obtention de son diplôme, il s’est spécialisé dans le domaine sportif, jusqu’à réaliser aujourd’hui son objectif : travailler dans le sport de haut niveau, une activité qu’il décrit davantage comme un plaisir quotidien que comme un simple travail.

Son mémoire de recherche est né d’un constat clinique fréquent : l’absence de critères clairs pour déterminer le moment opportun de reprise de la course à pied après une rupture du tendon d’Achille. Face à des décisions souvent empiriques, il a entrepris de définir des repères plus objectifs.

Pour cela, il a mené une étude de type Delphi réunissant un panel international et pluridisciplinaire d’experts (chirurgiens, médecins et kinésithérapeutes, cliniciens et chercheurs). Après plusieurs cycles de consultation, un consensus a émergé autour de plusieurs critères essentiels à la reprise de la course : confiance du patient, marche sans boiterie, marche sur la pointe des pieds, absence de douleurs AQV, absence de douleurs en rééducation, bon équilibre unipodal, 10 montées sur pointe unipodale.

À l’inverse, certains critères traditionnellement considérés, comme la force musculaire, la circonférence du mollet ou encore l’accord du chirurgien, n’ont pas fait consensus.

Fait marquant, ce travail de recherche a pris une dimension personnelle lorsque l’auteur a lui-même été victime d’une rupture du tendon d’Achille en plein mémoire, renforçant sa compréhension du sujet.

Enfin, cette étude ouvre des perspectives : affiner la définition des critères retenus et approfondir leur évaluation, notamment via de nouvelles recherches qualitatives auprès d’experts, afin de proposer à terme des recommandations claires et applicables en pratique clinique.

Pour rappel, Florian CORNU, de l’Institut Lorrain de Formation en Masso-Kinésithérapie de Nancy, et Svetlana PAKHOMOVA, de l’EUK Centre Val de Loire, qui n’ont pas pu être présents lors de la cérémonie, ont respectivement remporté le premier prix et le troisième prix dans la catégorie « master et fin d’études », pour leurs mémoires intitulés « Étude de l’effet du renforcement des muscles inspiratoires dans l’asthme : une revue de la littérature avec méta-analyse » et « Existe-t-il une correspondance entre la priorisation des attentes des patients atteints de troubles musculo-squelettiques et la perception de celle-ci par les masseurs-kinésithérapeutes ? ».