À l’occasion de la conférence des présidents des 18 et 19 mars 2026, qui réunit deux fois par an les conseillers nationaux et présidents des départements et régions de l’Ordre, une étape majeure a été franchie dans le rapprochement entre la profession de kinésithérapeute et la réserve opérationnelle. La charte d’engagements en faveur de la réserve opérationnelle a été signée par le Général de brigade Antoine BRÉART DE BOISANGER, secrétaire général adjoint de la garde nationale et Pascale MATHIEU, présidente du Conseil national de l’ordre des masseurs-kinésithérapeutes. Cette signature conjointe illustre une volonté partagée de promouvoir et de structurer l’engagement citoyen des professionnels de santé au service de la nation.
Pascale MATHIEU : « L’engagement des kinésithérapeutes dans la réserve opérationnelle s’inscrit pleinement dans les valeurs de responsabilité et de solidarité qui fondent notre profession. Cette charte constitue une étape importante pour reconnaître et accompagner celles et ceux qui choisissent de mettre leurs compétences au service de la nation. »
Cet événement s’est tenu en présence de plusieurs personnalités engagées dans le champ de la santé et de la réserve, parmi lesquelles Pascal BOUSIQUIER, chargé de mission auprès des ordres nationaux par le directeur central du Service de santé des armées et président du GORSSA (Groupement des organisations de réservistes du Service de santé des armées), Élisabeth GUILLOTIN DE CORSON, présidente de l’ANMITRHA (Association nationale des militaires infirmiers et techniciens de réserve des hôpitaux des armées), qui représentait les paramédicaux de réserve (dont les kinésithérapeutes), ainsi que le commissaire des armées de 1ère classe Alexandre CABOUCHE, correspondant Garde nationale employeurs (CGNE) au secrétariat général de la Garde nationale. Leur présence témoigne du caractère transversal et stratégique de cette démarche, à l’interface des enjeux de défense, de sécurité intérieure et de santé publique.
La réserve opérationnelle constitue aujourd’hui un pilier essentiel du dispositif de réponse aux crises. En moyenne, un réserviste effectue une trentaine de jours d’activité par an, avec des variations selon les missions et les expertises mobilisées. Les kinésithérapeutes, en raison de leurs compétences spécifiques, font partie des profils particulièrement recherchés et sollicités, notamment dans les structures de soins militaires ou en appui aux forces engagées.
Dans un contexte marqué par l’ambition de doubler les effectifs de réservistes à l’horizon 2030, conformément aux orientations fixées par les lois de programmation, la question du soutien des employeurs apparaît déterminante. Depuis plusieurs années, la Garde nationale développe des partenariats avec les acteurs économiques et institutionnels afin de faciliter la conciliation entre activité professionnelle et engagement dans la réserve. Ces conventions permettent notamment d’améliorer les conditions d’absence des salariés réservistes, en allant au-delà du cadre légal actuel.
Ainsi, si la législation prévoit un droit à absence de dix jours ouvrés par an, les conventions peuvent étendre cette durée à vingt, voire trente jours, tout en aménageant les délais de préavis et en favorisant, dans de nombreux cas, le maintien de la rémunération. Ces dispositifs constituent un levier concret pour encourager l’engagement, en limitant les contraintes pesant sur les professionnels.
La spécificité de l’exercice libéral, majoritaire dans la profession, a également été prise en compte dans les échanges. Si les praticiens libéraux ne relèvent pas du Code du travail, des pistes d’adaptation sont envisagées, notamment par l’intégration de clauses spécifiques dans les contrats de collaboration ou d’assistanat. L’objectif est de permettre une organisation anticipée et concertée, garantissant à la fois la continuité des soins et la possibilité d’un engagement dans la réserve.
Au-delà des aspects organisationnels, la réserve offre aux kinésithérapeutes une opportunité d’exercer leur métier dans des contextes variés et souvent inédits : soutien aux unités opérationnelles, participation à des missions spécifiques, contribution à la prise en charge de situations de crise ou d’urgence. Cette diversité d’expériences constitue un enrichissement professionnel et humain indéniable.
Accessible dès 17 ans et jusqu’à 72 ans pour les professionnels de santé, la réserve opérationnelle repose sur un engagement volontaire, adaptable aux disponibilités de chacun. Les missions sont proposées en fonction des besoins, laissant au réserviste la possibilité de s’y inscrire selon ses contraintes personnelles et professionnelles.
Par cette charte, le Conseil national de l’ordre des masseurs-kinésithérapeutes affirme son rôle d’acteur engagé dans les dynamiques collectives au service de l’intérêt général. Il encourage l’ensemble de la profession à s’informer et à envisager cette forme d’engagement, qui concilie exercice professionnel et contribution à la défense et à la résilience du pays.
Comme le rappelle une citation souvent attribuée à Georges CLEMENCEAU, « les réservistes sont les citoyens qui, à l’heure du danger, redeviennent soldats ». À travers cette initiative, c’est bien cette conception de l’engagement citoyen qui est réaffirmée, au service de la solidarité nationale et de la protection de tous.
L’Ordre invite les kinésithérapeutes qui souhaitent s’inscrire dans cette dynamique à se renseigner sur les modalités de conventionnement auprès du commissaire Alexandre CABOUCHE : [email protected].





