Un nouvel outil a été conçu par le ministère chargé de la santé, en lien avec les ordres : le dérivomètre. Il vise à aider le grand public à mieux repérer et prévenir les situations à risques dans le domaine des pratiques non conventionnelles en santé (PNCS), constitue également un support utile pour les professionnels de santé en vue de faciliter le dialogue avec les patients qui recourent à ces pratiques ou envisagent d’y avoir recours, et donne des repères simples pour identifier un professionnel de santé reconnu : diplôme d’État, inscription à un Ordre professionnel et exercice dans un cadre réglementé.
Grâce à trois niveaux de vigilance, il aide chacun à identifier les signaux d’alerte et à adopter les bons réflexes.
Quel est l’objectif de cet outil ?
« Les Français recourent de plus en plus aux pratiques non conventionnelles en santé. Souvent présentées comme des solutions “naturelles” et sans risque, elles peuvent pourtant comporter de vrais dangers. Elles peuvent retarder un diagnostic, faire perdre des chances de guérison et, dans certains cas, conduire à une emprise mentale ou à des dérives sectaires. Le dérivomètre a été conçu pour aider chacun à repérer les signaux d’alerte et à faire des choix de santé éclairés. »

Si vous pensez qu’une personne de votre entourage pourrait se retrouver dans une situation à risque orange ou rouge, vous pouvez demander de l’aide auprès des associations d’aide aux victimes ou associations de patients. Vous pouvez également vous rapprocher de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) (cf. contacts utiles).
Une coopération institutionnelle régulière et structurée avec la MIVILUDES
Depuis 2015, une convention de partenariat lie l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes à la Miviludes.
La Miviludes rappelle dans son dernier rapport d’activité que « les conventions entre la Miviludes et les ordres des professionnels de santé permettent d’assurer en premier lieu un échange d’informations portant sur le nombre, la nature et les caractéristiques des signalements de situations à risque reçus par chacune des parties et portant sur des dérives thérapeutiques sectaires, qu’elles aient été signalées par les ordres, des particuliers, des professionnels de santé ou toute autre personne intéressée.
Leur objectif est aussi de renforcer le rôle que peuvent jouer les professionnels de santé dans la prévention des risques de dérives thérapeutiques à caractère sectaire, en faisant connaître notamment les possibilités de signalement à la Miviludes. Dans le même sens, lorsque les ordres des professionnels de santé reçoivent des signalements, ils peuvent solliciter son expertise sur des phénomènes d’actualité ou des cas individuels.
Enfin, ces conventions sont destinées à assurer l’élaboration commune de messages d’informations et de fiches pratiques sur tous supports de communication (réseaux sociaux, communiqués de presse…) destinés aux professionnels de santé et au grand public ».
Les échanges entre l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes et la Miviludes sont fréquents et les travaux nombreux.
Prévenir les dérives : une mission au cœur de l’action ordinale
La lutte contre les dérives thérapeutiques fait partie intégrante des missions de l’Ordre, à travers le contrôle des pratiques et le rappel des exigences déontologiques : exercice fondé sur des données probantes, transparence des actes, respect du consentement éclairé, interdiction de toute forme d’emprise ou de discours mystique.
L’Ordre poursuit par ailleurs ses actions d’information auprès des professionnels et du grand public pour rappeler les points de vigilance et le rôle essentiel des kinésithérapeutes dans la prévention de ces situations.
Ainsi, un tableau des pratiques illusoires, cité par la Miviludes dans son rapport, est à disposition des kinésithérapeutes et des patients, afin de présenter de façon non exhaustive les techniques non reconnues par le Conseil national de l’ordre des masseurs-kinésithérapeutes et signalées comme ayant été dispensées par des kinésithérapeutes.
Ces techniques ne disposent pas de validation scientifique dans le champ disciplinaire de la kinésithérapie et ne sont pas reconnues par le Conseil national (elles ne peuvent pas constituer des spécificités d’exercice, ni des titres d’exercice). Les kinésithérapeutes ne sont pas autorisés à s’en prévaloir, leur utilisation n’est pas autorisée par l’Ordre dans la prise en charge des patients. Elles ont en général fait l’objet d’un rapport par une instance scientifique ou d’une autorité publique, d’une décision prononcée par une chambre disciplinaire qui en ont reconnu le caractère illusoire ou susceptible de l’être.
→ Pour plus d’informations sur les pratiques non conventionnelles en santé, cliquez ici.
Pour en savoir plus sur le dérivomètre, cliquez ici.