Dépistage des troubles du rachis chez l’enfant : les kinésithérapeutes au cœur d’une expérimentation menée par l’Assurance Maladie.

Actualité des kinésithérapeutes

[Mise à jour : 25/05/2022]

Cette expérimentation est menée sur l’année scolaire 2021/2022 dans quatre villes : Bordeaux, Toulouse, Meudon et Villeneuve-la-Garenne.

A Meudon et Villeneuve-la-Garenne, les chiffres montrent l’importance du dépistage dès l’enfance :

  • Plus d’un écolier sur 10 présente un début de scoliose
  • Sur 660 enfants examinés, 12,5% présentent une anomalie du rachis

Les kinésithérapeutes ont un rôle majeur à jouer dans le dépistage et la prévention de certaines pathologies.

Source : Le Parisien https://www.leparisien.fr/hauts-de-seine-92/la-scoliose-apparait-des-9-ans-dans-les-hauts-de-seine-les-kines-depistent-les-deformations-du-dos-a-lecole-20-05-2022-4TJYJRPVUBDPNAHYTVSDVVB4SY.php?ts=1653475664757

 

Contrairement à ce que l’on peut penser, le mal de dos est fréquent chez les enfants et les adolescents. Au cours d’enquêtes déclaratives, entre 30 et 40 % d’entre eux disent avoir eu mal au cours du dernier mois et 70 % d’entre eux ont fait l’expérience d’une lombalgie au cours de leur vie.

Ces douleurs passent néanmoins souvent inaperçues. En effet, les enfants ne s’en plaignent que rarement auprès de leurs parents car ils ne subissent peu ou pas de conséquences dans leur vie quotidienne.

En outre, la prévention et le dépistage des troubles du rachis (scoliose notamment) sont essentiels du fait de la prévalence élevée de ces troubles dans la population.

À ce titre, sur proposition des syndicats, l’Assurance Maladie en lien avec l’Education Nationale a mise en place, à titre expérimental, des actions de prévention des troubles du rachis en milieu scolaire. Celles-ci se déroulent sur l’année scolaire 2021/2022 dans 4 villes : Bordeaux, Toulouse, Meudon et Villeneuve-la Garenne.

La mise en œuvre de ces actions est réalisée localement par l’assurance maladie avec le concours de masseurs-kinésithérapeutes ayant contractualisé avec celle-ci. 

En effet, les kinésithérapeutes, acteurs essentiels de santé publique, peuvent mener des actions de préventions, dans le cadre desquelles ils peuvent dépister des déformations rachidiennes, d’éventuelles surcharges pondérales et s’enquérir du niveau de sédentarité ou d’activité de la personne qu’ils examinent. Ces actions sont l’occasion de dispenser des conseils adaptés à chaque enfant, de les sensibiliser à la nécessité d’avoir une activité physique ou sportive régulière et pourquoi pas, en fonction de l’orientation des discussions, de répondre à toutes questions que celui-ci pourrait se poser. 

Cette expérimentation, concerne les enfants scolarisés en classe de CM1 comporte trois volets :

1/ une sensibilisation à la santé du dos réalisée en classe associant de façon pédagogique des éléments de connaissances théoriques, des exercices pratiques sur la posture et l’activité physique ;

2/ un dépistage de la scoliose pour l’ensemble des enfants de la classe pour lesquels les parents auront donné leur autorisation ;

3/ un suivi personnalisé des enfants dépistés avec une « anomalie » pour s’assurer du recours aux soins à la suite de l’action de dépistage.

Pascale MATHIEU, Présidente du Conseil national de l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes salue cette expérimentation : “ Cette initiative est essentielle. En effet, les enfants en bonne santé, passée la petite enfance, avec son lot d’examens systématiques, de vaccinations et de maladies infantiles, ne voient plus forcément de médecin régulièrement. C’est ainsi qu’une scoliose débutante peut très bien passer inaperçue”.

Ces expérimentations s’inspirent largement d’actions déjà mises en place depuis plusieurs années dans certaines régions et qui ont démontré leur efficacité. Elles s’appuient sur les recommandations de santé publique et s’inscrivent pleinement dans le plan « stratégie nationale de santé 2018-2022 » qui soutient l’intervention des professionnels libéraux en matière de dépistage auprès des jeunes enfants. Ces actions interviennent en soutien et en complémentarité des examens obligatoires prévus pour les enfants.

A la suite de cette expérimentation menée lors de l’année scolaire prochaine, une évaluation de ces actions sera réalisée afin de mesurer leur pertinence et décider, le cas échéant, de leur généralisation à d’autres territoires.