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Le CNOMK s’engage pour la prévention des risques psycho-sociaux chez les étudiants en kinésithérapie et chez les kinésithérapeutes

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Si la crise sanitaire a mis en lumière les difficultés psychosociales des étudiants en kinésithérapie, c’est dès 2018 que le Conseil national de l’ordre des masseurs-kinésithérapeutes (CNOMK) a décidé de se pencher sur le prévention de ces risques que ce soient chez les futurs kinésithérapeutes que chez les kinésithérapeutes libéraux et salariés. Point d’étape du travail accompli et en cours.

Les risques psychosociaux sont définis comme un risque pour la santé physique et mentale des travailleurs. Leurs causes sont à rechercher à la fois dans les conditions d’emploi, les facteurs liés à l’organisation du travail et aux relations de travail. Ils peuvent concerner toutes les entreprises quelle que soit leur taille et leur secteur d’activité. Les partenaires sociaux et les pouvoirs publics sont fortement mobilisés sur une approche préventive des risques psycho-sociaux.

Les risques psychosociaux se trouvent à la jonction de l’individu et de sa situation de travail.

Plusieurs types de risques sont à distinguer :

  • le stress provenant du sentiment de ne pas atteindre les exigences ou les attentes demandées ;
  • les violences internes commises au sein du service ou du cabinet : conflits majeurs, harcèlement moral ou sexuel ;
  • les violences externes, exercées par des personnes extérieures à l’établissement de santé ou au cabinet, des patients par exemple, à l’encontre des professionnels;
  • le syndrome d’épuisement professionnel.

Ces risques psychosociaux peuvent être combinés et interagir les uns avec les autres. Par exemple, une situation de violence interne et du stress chez un professionnel peuvent engendrer d’autres tensions avec le reste de l’équipe provoquant un stress généralisé dans l’établissement de santé ou le cabinet.

Prévention des risques psychosociaux chez les étudiants

En 2019, les élus de l’Ordre ont rencontré les représentants de la FNEK (Fédération Nationale des Etudiants en Kinésithérapie) à la suite de la publication du  dossier de presse présenté par la fédération “Le bien-être des étudiants en masso-kinésithérapie”. Précarité financière, manque de sommeil et d’exercice, fatigue, difficultés psychologiques, isolement… Les conclusions sont alarmantes et la crise sanitaire n’aura fait qu’accroître ces difficultés laissant nombre d’étudiants dans une grande détresse.

Un groupe de travail est alors créé afin de réagir concrètement face à ce mal-être. L’objectif de cette démarche est de former des acteurs étudiants, des relais, qui fassent le lien entre les étudiants en difficulté et les ressources au sein des IFMK (Institut de Formation en Masso-Kinésithérapie) pouvant répondre à leurs besoins et aux difficultés.

En mars 2021, le CNOMK,la FNEK et le Syndicat National des Instituts de Formation en Masso-Kinésithérapie (SNIFMK) commencent à communiquer afin de faire le point sur la situation et recruter des volontaires (étudiants et membres des équipes pédagogiques des IFMK) prêts à se former pour devenir acteurs relais au sein des IFMK à la rentrée de septembre 2021.  Cette démarche est l’un des volets d’un plan complet de soutien aux étudiants. Le Conseil national de l’ordre a par ailleurs débloqué une aide d’urgence pouvant aller jusqu’à 100 000 € sous la forme d’une enveloppe distribuée aux étudiants selon des critères déterminés par la FNEK.

La première promotion d’acteurs-relais fera sa rentrée en septembre 2021

Le jeudi 20 mai s’est tenue à l’initiative du  CNOMK, de la FNEK et du SNIFMK une session de travail pour former dans chaque IFMK des « acteurs relais » et ainsi prévenir les risques psychosociaux des étudiants en kinésithérapie.

En ouverture de cette journée, Pascale MATHIEU, présidente du Conseil national de l’ordre a rappelé l’importance de mettre en place un dispositif de détection et de prévention des risques psychosociaux chez les étudiants en kinésithérapie. Elle a rappelé qu’avant la crise, « 61 % des étudiants en kinésithérapie présentaient des signes de détresse » et qu’à l’échelle nationale, on estime à 40 % les moins de 25 ans qui montrent des troubles anxieux.

Frédérique VIDAL, Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation a adressé un message aux participants dans lequel elle salue le dévouement dont ont fait preuve les étudiants mobilisés sur le front sanitaire. “ Si l’année a été rude et éprouvante, elle n’a pas épuisé les réserves de solidarité et d’action des étudiants ». La ministre les a assurés de « son total engagement dans la lutte contre le mal-être étudiants ». Elle a également rappelé que la reconnaissance du grade master pour les étudiants en kinésithérapie et de postes en sciences de la rééducation et de la réadaptation allait leur ouvrir de nouvelles perspectives au sein des universités.

Au cours de la journée, les différents intervenants (le Professeur Eric GALAM, le Dr Jean Jacques ORMIERES, Anne Claire GAGNON, Corinne BISBARRE (Conseil national de l’ordre des Vétérinaires), Joëlle THIESSET (présidente de VétoEntraides), le Professeur Didier TRUCHOT, et Clémentine ALBERT (étudiante en médecine)) ont apporté leur expertise théorique ou pratique sur ces questions. Adam DIOURI, le président de la FNEK a témoigné de l’impact de la crise sanitaire sur l’état de santé des étudiants et a remercié le Conseil national de l’ordre pour l’allocation d’une enveloppe de  100 000 euros dédiée aux étudiants en difficulté.

Pour sa part, Michel ARNAL, vice-président du Conseil national a insisté sur la nécessité de « co construire » des outils pour détecter et prévenir les troubles psychosociaux chez les étudiants.

Les tables-rondes ou les interventions des experts ont permis de présenter ce qu’est la relation d’aide, de définir le rôle des acteurs relais et de présenter une liste de ressources qui sont à leur disposition pour les accompagner dans leur mission.

La notion d’abordage, qui est la manière de prendre contact avec une personne que l’on sent en difficulté, a également été présentée. Des ateliers pratiques de mises en situation ont permis aux futurs acteurs relais d’apprendre à gérer les situations les plus fréquentes qui avaient été recensées par la FNEK.

Cette journée de formation, inédite, a ainsi donné naissance à la première promotion d’acteurs-relais qui démarreront leur mission dès la rentrée de septembre. Ceux-ci pourront donc désormais venir en aide aux étudiants en difficulté dans leur IFMK et faire vivre la démarche de prévention.

De nouvelles formations seront régulièrement organisées par la FNEK et le SNIFMK sur le même modèle afin de pérenniser ce qui est apparu comme une nécessité pour accompagner les futurs professionnels en souffrance. Les étudiants et membres des équipes pédagogiques formés ont également constitué un réseau qui leur permettra d’échanger leurs expériences,de consolider leurs compétences et d’organiser de manière pérenne cette action de prévention.

Un étudiant qui ressentirait le besoin d’échanger avec l’acteur relais de son IFMK pourra prendre contact directement avec le bureau de la FNEK.

Prévention des risques psychosociaux chez les kinésithérapeutes

Concernant les kinésithérapeutes, libéraux ou salariés, l’Ordre est pleinement mobilisé dans le cadre de la prévention des risques psychosociaux qu’ils peuvent rencontrer.

En effet, en 2019, Mme Pascale MATHIEU, présidente de l’Ordre confiait à M. Michel ARNAL un travail sur les risques psychosociaux chez les kinésithérapeutes. Celui-ci missionnait alors une équipe de recherche du laboratoire de psychologie de la  faculté de Bourgogne- Franche Comté pour étudier les facteurs de risque et les difficultés rencontrées par les kinésithérapeutes salariés et libéraux. Le constat était sans appel : la profession était largement touchée par le burn out, le stress ou encore les TMS.

Depuis, une stratégie de prévention des risques psychosociaux a été élaborée puis mise en place, avec un certain nombre d’outils, parmi lesquels la création de référents risques psychosociaux, désignés parmi les élus des Conseils régionaux de l’Ordre (CROMK).

Une formation sur les risques psychosociaux s’est tenue en juin 2021, à destination des 14 référents risques psychosociaux des CRO. Cette journée a permis de définir leur mission et leur rôle, en lien avec les Conseils départementaux de l’ordre de leur région respective.

Le travail continue aujourd’hui pour mettre en œuvre des dispositifs concrets pour informer et soutenir les kinésithérapeutes en difficulté. Le rôle de ces référents est d’accompagner, de coordonner et d’évaluer les actions des conseils départementaux.

Ressources complémentaires :  :

https://www.ordremk.fr/ordre/nos-missions/mission-dentraide-et-de-soutien/

Entraide – Ordre des masseurs-kinésithérapeutes (ordremk.fr)