Rencontre avec Alexandre Lloveras, étudiant en kinésithérapie, sportif de haut niveau et déficient visuel.

Actualité des kinésithérapeutes

À 21 ans, Alexandre Lloveras est entré dans la légende des Jeux Paralympiques à l’été 2021 en remportant l’Or et le Bronze aux épreuves de cyclisme en tandem avec Corentin Ermenault. En parallèle de sa carrière de sportif de haut niveau, Alexandre effectue des études en kinésithérapie. Il est en 2ème année à l’IFMK DV LYON (Institut de formation en masso-kinésithérapie pour déficients de la vue de Lyon). À l’occasion de la journée internationale des personnes handicapées, nous l’avons rencontré.

Bonjour Alexandre, commençons par vous féliciter pour vos performances aux Jeux Paralympiques. Quel est votre bilan personnel ?

C’est vraiment une aventure exceptionnelle ! Nous avons tout donné pendant l’entraînement – jusqu’à faire des stages en altitude pour améliorer nos performances, et durant les épreuves. Nous avons vraiment bien profité ! Aujourd’hui, après avoir savouré notre victoire, nous nous remettons au travail pour les prochaines échéances !

Jugez-vous que les sports paralympiques sont suffisamment reconnus ?

Les choses vont dans le bon sens. Les Jeux Paralympiques sont de plus en plus médiatisés et c’est très positif ! En outre, le niveau des sportifs et des sportives ne cesse d’augmenter. Toutefois, il me semble que le public français est moins sensibilisé que le public britannique par exemple. J’espère que l’évolution vers une plus grande reconnaissance va se poursuivre pour qu’il soit au rendez-vous pour les Jeux de 2024 à Paris ! Nous avons tous et toutes besoin de son soutien pour nous tirer vers le haut.

Parlons maintenant de vos études…

J’ai eu une scolarité classique et ai eu l’occasion de faire un stage chez un kinésithérapeute déficient visuel en classe de troisième. Puis, j’ai décroché un bac S avec mention très bien et ai pu commencer mes études de kinésithérapie à l’ IFMK DV LYON. C’est l’un des 4 Instituts de Formation en Masso-Kinésithérapie (IFMK) à proposer une formation pour les personnes déficientes visuelles. Le cursus est bien organisé et particulièrement bien adapté avec des cours spécifiques et des cours mutualisés en amphithéâtre. Afin de pouvoir continuer de m’entraîner et de mener de front études et carrière sportive, j’ai fait le choix de dédoubler mes années. Si tout se passe bien, je serai diplômé en 2025 !

Quels sont vos projets une fois votre diplôme en poche ?

C’est loin ! Il est possible de travailler dans de nombreux domaines en kinésithérapie, même avec mon handicap. Je ne sais pas encore exactement ce que je veux faire, je choisirai sans doute entre une installation en cabinet libéral et un emploi en centre de rééducation. Dans tous les cas, il faudra que je puisse concilier mon travail avec ma carrière sportive car nous sommes souvent en stage et/ou en déplacement.

Il y a près de 2 000 kinésithérapeutes déficients visuels en France. Pensez-vous que des améliorations puissent être effectuées pour rendre la profession encore plus accessible ?

Globalement, la kinésithérapie est une profession bien adaptée pour les personnes déficientes visuelles et comme je l’ai dit, les cursus sont très bien pensés et organisés. Ce qui nous simplifierait la vie, en revanche, ce serait d’user des technologies actuelles pour améliorer l’accessibilité des appareils de physiothérapie (par exemple, pouvoir augmenter la taille des caractères sur certaines machines) et des logiciels informatiques spécifiques qui ne sont pas tous compatibles avec la synthèse vocale. Reste que là aussi, les choses évoluent dans le bon sens. À part parfois dans les transports, je me sens de moins en moins en situation de handicap !

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