Tests PCR par les kinésithérapeutes, des témoignages en régions

Depuis le 15 septembre dernier, les kinésithérapeutes préalablement formés sont autorisés à réaliser les prélèvements d’échantillons biologiques pour l’examen de détection du génome du SARS-CoV-2 par RT-PCR et continuer ainsi à jouer leur rôle dans l’effort collectif de lutte contre l’épidémie.

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Un rôle important dans le contexte de crise sanitaire que nous traversons et alors qu’Emmanuel Macron a annoncé le 24 novembre que, début janvier, aucun test PCR ne devra mettre plus de 24 heures entre «la demande de test et son résultat».

Dès septembre, les kinés se sont massivement investis dans la stratégie de dépistage afin de soulager infirmiers et laboratoires surchargés par la demande. Aujourd’hui, ils racontent.

“Dès la première vague covid, et dès avril quand les premiers tests ont été disponibles, nous avons contacté la direction de l’ARS pour lui proposer le soutien des kinésithérapeutes dans ses actions de prélèvement, à condition, bien sûr, d’avoir été formés au préalable.” raconte Jean-Yves. “À ce moment-là, nous avons reçu un avis plutôt favorable mais qui ne s’est pas suivi d’effets car on nous a dit qu’il n’y avait pas de besoin de professionnels de santé supplémentaires pour effectuer les tests. En outre, les laboratoires manquaient de réactifs pour les tests. Ainsi, le dossier est resté en suspens jusqu’à la 2e vague.

Lorsque l’arrêté est paru le 15 septembre, un certain nombre de kinés s’est immédiatement porté volontaire et a fait les démarches pour se former. “Dès que le décret est passé, nous avons monté des binômes kinés /infirmiers au sein de la CPTS où je travaille, pour répondre aux demandes de l’ARS. Elle avait besoin de préleveurs pour des prélèvements sur site. J’ai suivi et j’ai été formée par le laboratoire qui m’a remis une attestation.” raconte Célia.

“Dès que j’ai vu que l’on pouvait faire les tests PCR, je me suis renseigné.” se rappelle Mohamed. “J’ai contacté un laboratoire, on m’a fixé un rendez-vous. J’ai été accueilli par la biologiste qui m’a expliqué la partie théorique et l’infirmière m’a montré comment faire les prélèvements, comment gérer les questions d’hygiène et elle m’a supervisé pour que je réalise les premièrs puis j’en ai réalisé une vingtaine tout seul dans la même journée. C’est un coup de main à prendre mais c’est assez simple d’autant que j’étais déjà familiarisé avec la kiné respiratoire et les aspirations nasotrachéales” .

En pratique, aujourd’hui, les modalités de dépistage varient selon les besoins et les régions.

“Depuis 3 semaines environ, des professionnels pratiquent des prélèvement en équipes,  tout particulièrement dans les petites communes.” explique Jean-Yves en Aquitaine. “Je fais les prélèvements uniquement dans des groupes déjà constitués avec biologistes, infirmiers, et médecins comme, par exemple, dans les CPTS.” poursuit-il.

“Je ne fais pas les tests PCR en cabinet mais sur site, par exemple en entreprise selon les besoins” raconte Célia. “Soit nous amenons nos équipements, soit ils nous sont fournis. Nous faisons les prélèvements exactement comme ce qui est fait dans les labos dans le strict respect des règles d’hygiène.” Elle explique qu’elle s’arrange pour effectuer les tests en dehors de son temps de travail habituel : “Dans notre cabinet, nous avons la chance d’avoir une demi  journée de repos dans la semaine. Nous la prenons pour faire les tests. Certains kinés ont également prélevé le weekend.”

De son côté, Mohammed prélève au sein de son cabinet : “Nous avons mis une feuille dans la salle d’attente du cabinet pour annoncer aux patients que nous assurons les prélèvements. Je suis une équipe de hand-ball féminine. Avant le confinement,  il fallait les dépister toutes les deux semaines, j’ai pu m’en occuper. Je m’organise au cabinet en prévoyant des créneaux spéciaux ou j’ajoute ½ heure après la fin de ma journée.”

Aujourd’hui, tous tirent un premier bilan très positif de cette expérience : “On est sortis de notre zone de confort, j’ai aimé pouvoir travailler en collaboration avec les infirmiers.“ explique ainsi Célia. “C’est aussi un moyen de rappeler aux autres professionnels que nous sommes des professionnels de santé à part entière avec chacun nos spécificités. Nous avons vraiment fait un travail d’équipe, un vrai travail d’entraide.“

Mohammed est également très satisfait de cette expérience :  “C’est vraiment très intéressant pour moi. Cela nous fait faire autre chose que ce qui est habituellement dans notre champ de compétence. J’apprécie l’aspect pluri-professionnel et je me sens utile dans cette crise. Nous avons pu tester des patients et des collègues de manière à éviter qu’il y ait des clusters dans les cabinets libéraux.” et d’ajouter : “Les patients sont surpris, ils découvrent que l’on est de vrais professionnels de santé, c’est valorisant à juste titre pour la profession. Et, nous avons participé à l’éducation thérapeutique des patients en matière de dépistage et plus largement de prévention autour du Covid.

Reste un souhait, partagé par beaucoup : “Nous aimerions bien pouvoir faire des tests antigéniques en cabinet de manière à éviter des allers et venues à des patients qui viendraient avec des symptômes. Nous avons les EPI et nous maîtrisons désormais la technique.”

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